Quand j’ai débuté, j’ai fait exactement ce qu’on m’avait appris. Mes devis reprenaient toutes les phases d’un projet d’architecture d’intérieur : APS, APD, PRO, DCE, EXE, DOE. Une ligne par phase, un descriptif par ligne, un prix par descriptif. Sur le papier, c’était impeccable.
Dans la vraie vie, mon client ne savait absolument pas de quoi je parlais.
Mets-toi à sa place deux minutes. Il veut refaire sa cuisine ou transformer sa boutique. Il reçoit un document rempli de sigles, avec autant de prix que d’étapes. Il additionne, il compare avec l’artisan qui « fait aussi les plans », puis il range ton devis dans un tiroir en se promettant d’y réfléchir. Petite révélation : il n’y réfléchit pas.
Ce modèle d’école produit trois effets en chaîne :
- il inquiète : chaque sigle incompris ressemble à une ligne de plus à payer ;
- il fragmente : six prix, ce sont six occasions de négocier, ou de supprimer une phase « pour économiser » ;
- il éloigne : ton client ne se projette pas dans un résultat, il se perd dans une procédure.
Ton client n’achète pas des étapes techniques, il achète un parcours. Il veut savoir ce qu’il va voir, à quel moment et ce que ça va lui coûter. Le reste, c’est ta cuisine interne (sans mauvais jeu de mots 😊).