On dit souvent que les architectes d’intérieur travaillent « à l’intérieur ». Dans les projets professionnels, ce n’est pas toute la vérité.
Quand tu accompagnes une boutique, un restaurant, un showroom ou un cabinet recevant du public, tu ne travailles pas seulement sur le volume intérieur. Tu touches à l’image globale du lieu, et cette image commence dehors.
La façade, la vitrine, la porte d’entrée, la couleur, les stores, les châssis, la manière dont le concept apparaît dans la rue. Tout cela fait partie de l’expérience client :
- Avant même d’entrer, le client voit la façade.
- Avant même de découvrir le comptoir, il voit la vitrine.
- Avant même de comprendre le concept, il perçoit une ambiance depuis le trottoir.
L’architecte d’intérieur participe donc à la composition graphique de la ville. C’est une corde très méconnue de notre métier, pourtant elle est essentielle.
Parce qu’une façade commerciale n’appartient pas seulement au client. Elle s’inscrit dans une rue, dans un immeuble, dans un quartier, parfois dans un secteur protégé, parfois dans un périmètre soumis à l’avis des Architectes des Bâtiments de France.
Les goûts personnels du client ne suffisent plus. Même si le client a « vu un super concept à Londres », même si la marque veut absolument du noir mat et du laiton, même si « le voisin l’a fait ».
Le voisin, rappelons-le avec amour, n’est pas une base réglementaire 😊